Friday, January 27, 2012

Perdre son emploi : vivre la perte et rebondir

Beaucoup de personnes sont confrontées, au fil de leur histoire, à la perte d'un emploi. Nous entamons une série de petits blogs sur cette expérience. Le premier porte sur les difficultés que peut vivre les gens qui perdent leur emploi et le deuil qui s'en suit. Le second portera sur ce qui peut être appris de cette expérience. Le troisième petit texte se penchera sur l'expérience des gestionnaires qui doivent procéder aux mises à pied.

La perte d'un emploi est une épreuve souvent difficile à vivre. Elle affecte souvent la personne à différents niveaux :

  • Atteintes à l'identité : l'identité est, pour plusieurs, liée en partie à leur travail. Par exemple, certains vont s'identifier à leur milieu de travail ou à leur profession. Cette identité peut être ébranlée lors de la perte d'emploi.
  • L'estime de soi et confiance en soi sont aussi souvent mises à l'épreuve, et il est très important de travailler à les rebâtir.
  • Plusieurs vont vivre de la honte suite à leur perte d'emploi, et ce peu importe les raisons pour lesquelles ils ont perdu leur travail. Cette émotion est très difficile à vivre, la partager, parler avec des gens qui ont vécu une expérience similaire peut aider à en diminuer l'intensité.
  • La perte d'un emploi peut aussi raviver d'autres pertes, comme des pertes d'emploi antérieures, celles de ses parents etc.
  • Beaucoup de gens seront alors en proie à une incertitude face à leur futur, à leur situation financière, etc.
  • Cela engendre du stress chez plusieurs, un stress qui peut se répercuter dans plusieurs facettes de leur vie.
  • Cette expérience peut causer une détresse psychologique qui s'aggrave parfois et prend la forme d'une dépression ou d'autres problématiques de santé mentale. Dans ce cas, il ne faut pas hésiter de consulter un professionnel qui saura aider à surmonter ces problèmes.
  • La perte d'un emploi provoque aussi ce que l'on appelle des pertes secondaires, comme la perte de collègues, d'une routine, d'un niveau de vie, etc.

Le deuil qui suit la perte

La perte d'un emploi engendre souvent un deuil, que Kübler Ross (1969) divise comme suit :

  1. Le choc : Lorsqu'elle apprend la nouvelle et dans les moments qui suivent, la personne aura alors parfois de la difficulté à comprendre ce qu'elle vit et pourra rester incrédule. Certaines personnes seront alors très passives ou, au contraire, elles s'activeront beaucoup pour éviter de penser à la perte.
  2. La colère (ou culpabilité, quand la colère se retourne contre soi-même) vont ensuite parfois survenir. Les gens vont alors parfois se faire des reproches ou reprocher certains faits et gestes à leurs collègues, employeur etc.... Certains seront irritables, vont ressentir un sentiment de trahison ou d'injustice.
  3. Le marchandage (c'est-à-dire d'une tentative de négociation avec la réalité) est aussi parfois vécu. À ce moment, il arrive que les gens tentent par tous les moyens de rester au sein de l'organisation (par exemple en acceptant une grande diminution de salaire).
  4. La tristesse ou la dépression situationnelle survient souvent au fil du deuil de la personne. Les gens qui perdent leur emploi vivent souvent une sensation de lassitude, une perte d'énergie et une certaine instabilité émotive. Cela peut se vivre comme une forte tristesse, mais il arrive que la personne sombre dans une véritable dépression. Il est important d'aller chercher une aide professionnelle tel que celle d'un psychologue si la tristesse semble insurmontable ou qu'une dépression se profile.
  5. L'acceptation et l'espoir. La personne réalise ce qu'elle a perdu et se réinvestit dans d'autres projets. La personne prend alors de plus en plus conscience des apprentissages retirés de cette expérience et l'espoir de trouver un autre emploi renaît souvent.

Perdre son travail implique souvent différentes souffrances qu'il ne faut pas sous estimer. Toutefois nous verrons dans le prochain blog que cela peut aussi être un moment charnière ou la personne prend le temps d'explorer comment faire de cette expérience une occasion d'apprentissage et parfois de réorientation.

Valérie Bourgeois-Guérin
Candidate au Ph.D.
Psychologues Consultants Y2

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